De la famille des Clupéidés ,comme le hareng, la sardine et l'anchois, l'alose feinte et la grande alose, fréquentent les eaux littorales et continentales des façades Manche et Atlantique.
Poissons migrateurs amphihalins, elles sont les seules composantes de cette famille qui soient potamotoques, c'est-à-dire, comme le saumon, qui remontent en rivières pour pondre.
Elles présentent une forme aplatie, la bouche est dirigée vers le haut. Le dos est bleu ou bleu/vert à reflets métalliques. Le ventre présente une couleur argentée et les flancs sont plus ou moins dorés. Leurs capacités de nage et de saut sont limitées. Ce qui rend nécessaire l'implantation de dispositifs de franchissement adaptés (passe à poissons).
En mer, sa nourriture principale est composée de plancton animal, et de petits poissons. Elle cesse de s'alimenter une fois que commence la migration en eau douce.
La grande alose : Alosa alosa.
La taille adulte se situe entre 40 et 70 cm pour un poids de 1 à 3 kg.
Elle ne vivra qu'une seule fraie dans le cours de son existence.
L'Alose feinte : Alosa fallax.
De plus petite taille que sa cousine, la feinte atteint une dimension qui ce situe entre 30 et 50 cm pour un poids de 0.5 a 1.5 kg.
Elle fraie deux ou trois fois dans sa vie.
Pour les deux espèces la remontée en eau douce se déroule de mars à juin. Cette migration est peu active sous une température de 12 °c. Le frai débute en pleine eau lorsque la température de l'eau dépasse 18°C. Elle a lieu de nuit dans une violente et bruyante agitation des reproducteurs. Les frayères sont caractérisées par une hauteur d'eau de 1 à 1,5 m avec à l'aval une zone moins profonde.
Sur la zone de ponte le courant doit être faible, mais s'accélérant dans la partie aval. Elle présentera une granulométrie composée de galets de taille moyenne et de gravier, où les oeufs lâchés en pleine eau peuvent venir se placer par gravité. L'accès à ces zones n'est pas toujours possible, notamment en raison d'obstacles érigés sur les axes de migration ou de conditions climatiques défavorables.
Les aloses se reproduisent alors sur des frayères de substitution, situées parfois au pied des obstacles, même si les conditions n'y sont pas optimales. Chez les deux espèces, les géniteurs reviennent se reproduire sur les eaux qui les ont vu naître. Pour les grandes aloses une fois la fraie terminée, épuisées, elles se laissent entraîner par le courant. Où elles périssent en masse.
Malgré une impressionnante quantité d'arêtes, l'alose est un met très apprécié des gourmets. Naguère, précieux apport saisonnier à la pêche fluviale, ce beau poisson se raréfie aujourd'hui, victime comme tant d'autres de l'industrie humaine. Dans le cadre du Plan Migrateurs, des efforts importants ont pourtant été entrepris depuis 1994 pour restaurer l'accès des frayères en équipant de nombreux seuils avec des passes à poissons. Des résultats encourageants semblent être enregistrés sur des zones où la régression était jusqu'alors très marquée.